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Arts Plastiques

Le Quotidien bis

Par CYRILLE BRET, publié le mardi 30 juin 2015 10:18 - Mis à jour le mardi 30 juin 2015 10:18

Dans ces travaux, les objets s'opposent aux matériaux : les objets restent tels qu'ils sont, les matériaux se transforment, on peut les modifier. Certains objets sont représentés par des matériaux, d'autres sont présentés grâce à des fonds, des socles etc. Il s'agit de « ready-made ». Certaines réalisations « intermédiaires » proposent des objets construits avec des objets sur le mode la redondance ou de la tautologie. Il s'agit de « ready-made aidés ».

Dans certains travaux, des images connues de tous sont citées, des marques apparaissent souvent. La présence insistante de ces marques fait réagir le spectateur : il peut être satisfait de reconnaître ce qu'il connaît ou au contraire s'indigner de la dictature de la société de consommation. D'autres encore ne comprennent pas qu'on puisse « faire de l'art » avec ces marques. Certains artistes revendiquent de pouvoir « faire de l'art » avec ce qu'il veulent, ils transposent le monde du quotidien dans le monde de l'art. Les objets produits sont alors moins important que l'idée élaborée par l'artiste, l'art conceptuel est né, il pose la question du statut des objets et des objets artistiques. Qui décide ce qui est de l'art ?

Les mots clefs :

La réalisation : superposer, juxtaposer, assembler, détourner, recouvrir, reproduire, relief, volume.

La présentation : socle, cadre, support, déplacement, statut, objet, image, ready-made, citation.

L'interprétation : abstrait, figuratif, connotation, dénotation, signes, ordre, chaos, équilibre, rapprochements inattendus

Ernst Max, Rossignol chinois, collage et encre, 1920, 12,2x8,8 cm, collection particulière

Duchanp Marcel, L.H.O.O.Q., reproduction retouchée, dimensions non communiquées, 1919, Paris, Centre Georges Pompidou.

Détourner des images c'est les transformer en ajoutant ou en supprimant un ou plusieurs éléments qui vont changer le statut de l'image qui va devenir une œuvre différente.

Par exemple : la Joconde a été détournée par Marcel Duchamp (1919), on l'a utilisé comme support mais on a modifié le visage avec des moustaches, elle est détournée de la réalité, elle peut choquer ou amuser le public. L'artiste la ridiculise, la rend plus bête en lui mettant des moustaches, une barbe et en disant qu'elle a chaud au cul. Il a donné au tableau une connotation humoristique.

D'autres artistes (Max Ernst, André Breton, …) détournent des images déjà existantes en y ajoutant, juxtaposant certains éléments sur le même support pour créer des rapprochements inattendus, inconscients, imaginaires.

Le texte sert maintenant d’œuvre : pour le texte, l'artiste peut l'utiliser de manière à ce qu'il ait l'air d'une œuvre visuelle, que le texte ne soit plus seulement une œuvre par ce qu'il signifie , mais que les lettres qui forment le texte soient une œuvre qui soit graphique.

Duchamp Marcel, Urinoir, céramique, peinture, 63x48x35 cm, 1917, Paris, Centre G. Pompidou

Schwitters, Kurt, Prikken paa I en (le point sur le i), dessin collage, gouache sur bois, 75x92, 1939, Paris, Centre G. Pompidou

Les ready-made (aidés) : objets ou images

En modifiant le statut le statut des objets l'artiste invente l'art conceptuel car il fait passer l'objet banal en une œuvre donc ce n'est plus la réalisation de l'artiste qui compte mais ce que l'artiste a pensé en voulant réaliser son œuvre . C'est cela qui modifie le statue de l’œuvre (de l'œuvre banale à une œuvre d'art).

Une main et des marques sont des choses qui existent déjà, si on les modifie juste un peu, en les assemblant ou en les représentant, elles sont vues différemment, nous ne les percevons pas de la même manière.. Elles passent d'un statut utilitaire à un statut de contemplation. Un urinoir reste un urinoir, il est présenté. Cela constitue une œuvre car il y a un socle et une signature . Pour l'autre il y a une organisation des objets. Dans la réalité les toilettes ne sont pas belles (connotation péjorative) et là elles ont été sublimées. Ce sont des choses du quotidien, quelque chose de banal, transformées par l'auteur en œuvre d'art, des objets du quotidien qui ont changé de contexte et parfois de matière. Les objets sont détournés de leur utilité pour créer d'autres objets, l'artiste a changé la fonction première de ces objets. L'artiste a pris des objets et en a fait des matériaux, l'image est devenu un matériau pour créer des œuvres. L’œuvre de Kurt Schwitters est créée à partir d'une juxtaposition d'objets.

« Je ne comprends pas pourquoi on ne pouvait utiliser dans un tableau, au même titre que les couleurs spécialement fabriquées pour les peintres, des matériaux tels que : vieux billets de tram ou de métro, morceaux de bois flotté, tickets de vestiaire, fil de fer, rayons de vélo, boutons, en un mot toutes les vieilleries qui traînent dans les greniers ou sur les tas d’ordures. C’était là, en quelque sorte, un point de vue social et, sur le plan artistique, un plaisir personnel…» Kurt Schwitters (voir document à télécharger ci-contre)

Paik Nam June, Triangle, vidéo bouddha et vidéo penseur, moulages, télévision, vidéo en circuit fermé, 1991, Berlin, Nationalgalrie im Hamburger Bahnof

L'idée (art conceptuel) : les auteurs cherchent a détourner la définition du mot art.

Parfois, ils laissent faire le hasard à travers ces œuvres. L'idée (faire passer un message) est plus importante que le résultat, cela donne l'impression d'une œuvre qui n'est pas finie, d'un schéma d'une œuvre. Certaines images ont moins d'importance que la manière dont les personnes les ont fabriquées. Au lieu de voir ce qu'elles représentent on voit plutôt comment l'artiste a travaillé la matière.

mouvement surréaliste et dadaiste, 1919-1960

« Tuer l'art est ce qui me paraît le plus urgent », A. Breton, 1919. Le texte critique l'art alors que celui qui a fait cette citation est un artiste donc ce n'est pas logique.

Le mouvement surréaliste s'attaque à l'art des classes dominantes.En jouant avec les habitudes et en bouleversant les traditions,ces artistes inscrivent leurs gestes dans la mémoire collective par la contestation d'un ordre établit. Les événements historiques ne sont pas directement présents dans leurs œuvres, mais celles-ci sont construites en réaction notamment à la première guerre mondiale et à l'industrialisation (destruction et asservissement de l'humain par la machine). Ils tentent de replacer l'imaginaire, le sensible, l'imprévu dans un monde rationnel, dominé par les objets et la hiérarchie sociale. Leurs vies individuelles sont marquées par l'Histoire (statut social flou, engagement politique, émigration, emprisonnement ou déportation pendant la seconde guerre mondiale).

Définition du Surréalisme, in André Breton, Manifeste du Surréalisme, 1924 : « "SURRÉALISME, n. m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. »

Pièces jointes

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